Mon enfant vit mal la rentrée : comment l’accompagner au mieux durant cette période ?

La rentrée est souvent présentée comme un nouveau départ : retrouver l’école ou la crèche, reprendre un rythme, découvrir une nouvelle classe, retrouver les copains.

Pour un bébé ou un jeune enfant, cette période représente pourtant un véritable changement. Nouveaux lieux, nouvelles personnes, nouveaux horaires, nouvelles stimulations… et surtout, une séparation quotidienne avec ses parents.

Cette adaptation ne passe pas toujours par les mots.

Elle peut se manifester par des pleurs, des colères, un besoin accru d’être porté, des difficultés à se séparer, des réveils nocturnes ou des comportements inhabituels.

La question n’est alors pas seulement :
« Pourquoi mon enfant réagit-il comme ça ? »

Mais aussi :
« Qu’est-ce que cette période vient mobiliser chez lui… et chez moi ? »

Quand l’enfant « tient » toute la journée… puis s’effondre à la maison

Certains enfants semblent parfaitement adaptés à l’école ou à la crèche, puis deviennent très irritables, pleurent ou font davantage de crises une fois rentrés à la maison.

Ils ont parfois dépensé beaucoup d’énergie à observer, comprendre les règles, gérer les séparations, supporter le bruit et les nombreuses sollicitations.

Une fois auprès de leurs parents, dans un environnement familier, ils peuvent relâcher cette tension.

La crise n'est alors pas nécessairement un caprice ou un signe que « quelque chose ne va pas ». Elle peut être l’expression d’une fatigue émotionnelle et sensorielle.

Cela n’empêche évidemment pas de poser des limites. Mais comprendre ce qui se joue permet d’accueillir différemment ce comportement.

Et chez les parents, que se passe-t-il ?

La rentrée ne fait pas vivre des émotions uniquement aux enfants.

Chez les parents aussi, cette période peut réveiller beaucoup de choses : culpabilité, inquiétude, tristesse, peur de laisser son enfant, difficulté à le voir grandir ou souvenirs de ses propres séparations.

Une maman peut se demander :
« Est-ce que je le laisse trop tôt ? Est-ce qu’il va se sentir abandonné ? »

Un papa peut ressentir :
« Est-ce que je fais suffisamment bien ? Est-ce que mon enfant va réussir à trouver sa place ? »

Et parfois, derrière la difficulté à accompagner les pleurs de son enfant, il y a aussi sa propre difficulté à vivre la séparation.

Cela ne signifie pas que le parent « transmet » mécaniquement son stress à son enfant. La relation est plus subtile. L’enfant est sensible à la manière dont son parent l’accompagne, au ton de sa voix, à sa disponibilité, à sa capacité à rester présent lorsque l’émotion monte.

Prendre soin de son propre vécu peut donc aussi aider à offrir à l’enfant un repère plus stable.

Ce que la rentrée peut venir réveiller chez l’enfant

Chaque enfant réagit à sa manière.

Pour certains, le changement stimule surtout le besoin de proximité. Pour d’autres, c’est la nouveauté, le bruit, la fatigue ou la perte de repères qui devient difficile.

La rentrée peut alors mettre en lumière :

  • un besoin important de sécurité et de proximité ;

  • une sensibilité particulière aux changements ;

  • une difficulté à gérer les nombreuses stimulations ;

  • un besoin de récupération après les journées intenses ;

  • une période où les émotions sont plus difficiles à réguler.

Il ne s’agit pas de chercher systématiquement une cause cachée.

Observer la réaction de l’enfant permet surtout de mieux comprendre ce dont il a besoin pour traverser cette étape.

Et si la rentrée venait aussi questionner le parent ?

Parfois, la réaction de l’enfant touche quelque chose de très personnel chez l’adulte.

Les pleurs peuvent réveiller une peur de mal faire. Une séparation peut faire remonter une ancienne expérience. Voir son enfant grandir peut également confronter le parent à ses propres difficultés à lâcher prise.

La question peut alors devenir :

« Est-ce que je cherche uniquement à rassurer mon enfant… ou est-ce que j’ai moi aussi besoin d’être rassuré ? »

Cette prise de conscience n’est pas culpabilisante.

Elle permet simplement de différencier ce que vit l’enfant de ce que cette situation vient réveiller chez le parent.

Bébé et séparation : quand le corps parle avant les mots

Chez le bébé, il n’est pas possible d’expliquer ce qui est difficile.

Les changements peuvent alors se manifester par des pleurs plus fréquents, un besoin accru de contact, des difficultés d’endormissement, des réveils nocturnes ou une irritabilité inhabituelle.

Ces réactions ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une anxiété ou à un problème particulier.

Elles invitent surtout à observer : qu'est-ce qui a changé ? Depuis quand ? Dans quelles situations ? De quoi le bébé semble-t-il avoir besoin pour retrouver son calme ?

Comment accompagner cette période ?

Quelques repères simples peuvent aider :

  • préparer progressivement l’enfant au changement ;

  • conserver des habitudes et des rituels familiers ;

  • ritualiser les départs et les retrouvailles ;

  • accueillir les pleurs sans les dramatiser ;

  • prévoir des temps calmes après les journées stimulantes ;

  • accepter que l’adaptation prenne du temps ;

  • et, pour le parent, s’autoriser également à ressentir ce que cette séparation vient mobiliser.

L’objectif n’est pas d’empêcher l’enfant de pleurer.

Un enfant peut pleurer et être en sécurité. Un parent peut être ému et rester sécurisant.

Comment la kinésiologie peut être un soutien ?

La kinésiologie propose une approche psycho-corporelle qui peut accompagner les périodes de changement et de stress, chez l’enfant comme chez l’adulte.

La séance peut être l’occasion d’explorer le vécu de la rentrée, les émotions associées à la séparation, les changements récents ou encore les ressources sur lesquelles la personne peut s’appuyer.

Chez le parent, l’accompagnement peut également permettre de prendre un temps pour soi et d’observer ce que cette période vient réveiller : inquiétudes, pression, culpabilité, difficulté à lâcher prise…

L’objectif n’est pas de rechercher une « cause » à tout prix, mais de permettre à chacun de retrouver davantage de disponibilité et de stabilité face au changement.

Une séparation ne signifie pas une rupture du lien

Grandir implique de nombreuses séparations : quitter les bras de maman, entrer à la crèche, aller à l’école, changer de classe, dormir ailleurs…

Ces étapes peuvent être chargées d’émotions, pour l’enfant comme pour son parent.

L’enjeu n’est pas d’apprendre à l’enfant à ne plus pleurer.

C’est de l’accompagner progressivement vers cette expérience :

« Je peux être séparé de mon parent et rester en sécurité. Je peux ressentir une émotion forte et retrouver mon calme. Et même lorsque nous sommes séparés, le lien existe toujours. »

Références pour aller plus loin

Livres

  • Catherine Gueguen, Pour une enfance heureuse, Éditions Pocket.

  • Daniel J. Siegel & Tina Payne Bryson, Le cerveau de votre enfant, Éditions Les Arènes.

  • Héloïse Junier, Le manuel de survie des parents, Éditions InterÉditions.

  • Isabelle Filliozat, J’ai tout essayé !, Éditions JC Lattès.

Podcasts

  • La Matrescence — épisode consacré aux émotions liées à la séparation et à la rentrée, avec Héloïse Junier.

  • Référence Petite Enfance — épisodes consacrés à l’adaptation en crèche et à la séparation.

  • Hand in Hand Parenting avec Sophie — épisode consacré à l’anxiété de séparation et à la rentrée.

Ces références permettent d’approfondir les notions de développement de l’enfant, attachement, séparation, régulation émotionnelle et vécu parental, sans réduire les réactions de l’enfant à une seule explication.

Suivant
Suivant

Comment la kinésiologie aide à retrouver un équilibre face au stress quotidien